mardi 25 août 2009

CRISE

"... Tant de choses qui nous concernent nous ont été apprises par d'autres que nous et nous ne cessons de recourir aux autres, censés nous guider, sur le plan extérieur mais surtout psychologique. Nous sommes les otages volontaires d'institutions et d'organisations diverses, nous sommes donc toujours dépendants d'autrui et cette dépendance engendre inévitablement une forme de corruption..."

Observez plutôt ce qui se passe effectivement dans le monde et le tréfonds de notre conscience, ne transformez pas en idées, en abstractions le fruit de cette observation.
Nous baignons tous plus ou moins dans l'abstraction, dans les idées qui n'ont rien d'authentique et de réel.
Ce qui nous intéresse ce ne sont pas les idées, mais uniquement l'observation de ce qui se passe dans les faits.

Seul objet : CE QUI EST.

Faire de ce qui est une abstraction, une idée ne peut qu'engendrer un surcroît de confusion.

Cette conscience en crise est le fonds commun de toute l'humanité.

Chaque individu veut se réaliser, être, devenir, avoir le pouvoir, la notoriété, un statut social.
les capacités, le talent ne fait que renforcer l'individualité qui n'est qu'une élaboration de la pensée. Au niveau de la nature même de la pensée se situe la crise, la pensée est un processus matériel.

La pensée vient en droite ligne de la source originelle que sont nos sens, nos réactions sensorielles, notre expérience, nos rencontres sous forme de savoir, souvenir, mémoire depuis des temps immémoriaux.
L'orateur ne fait rien d'autre que mettre en mots le fruit de ses observations afin de vous les faire partager.

Cela fait des millénaires que l'homme s'est enfermé dans ce processus où s'enchaînent l'expérience, le savoir, la mémoire, la pensée.

LE SAVOIR EST TOUJOURS INCOMPLET.

Vous vous efforcez de résoudre un problème et sa solution même crée de nouveaux problèmes. Dans toutes relations nous suivons des voies opposées ou parallèles qui ne se croisent jamais.

L'on a en soi une image que la pensée a mis du temps à créer, l'autre porte aussi en lui une image, et d'un coté comme de l'autre on est ambitieux, avide, (les psychologues ne font qu'aggraver notre état) il faut chercher à connaître les raisons profondes qui ont amené la pensée à semer le trouble,

Nous avons toujours exploré les aspects extérieurs de notre univers, mais jamais la pensée.

Qu'est-ce-que penser ?

Quelles sont les racines de la pensée et quelles en sont les conséquences ?

Il faut s'interroger sur son processus et pas sur son résultat...

Entendre une description, ce n'est pas faire soi-même la découverte, cependant elle peut nous mettre sur le chemin de notre propre découverte.

N'essayez pas de comprendre ce que dit l'orateur (l'enseignement) mais comprenez que ce qu'il dit agit comme un miroir tendu dans lequel vous vous regardez, le miroir n'a alors plus d'importance, il est bon à jeter.

Nous n'utilisons qu'une infime partie de notre cerveau. La pensée est la réponse de la mémoire, la mémoire ayant stocké des souvenirs par le canal du savoir, savoir lui-même emmagasiné au travers de l'expérience.

Il y a d'abord l'expérience, puis le savoir, puis la mémoire stockée dans le cerveau, puis la pensée, puis l'action, c'est dans ce cercle vicieux que l'homme s'est laissé piéger.

Tel est le moule dans lequel nous vivons.

La savoir absolu n'existe dans aucun domaine, on stocke toujours plus de souvenirs, puis on agit, nous ne cessons d'entasser une infinité de connaissance.

Mais ce savoir peut nous empêcher d'agir dans la plénitude. L'ordinateur peut nous surpasser en matière de pensée, d'aptitude à apprendre, il peut se corriger lui-même.

L'homme a dû lutter pour survivre, afin de se sentir rassuré, d'être en sécurité, mais à présent, la machine est en passe de prendre le relais.

Qu'en est-il de nous ?

Quel est l'avenir de l'homme ?

Que va-t-il advenir de notre esprit, de notre cerveau ?

Ou l'homme se consacre totalement aux distractions liées à la vie extérieure, ou bien il se tourne vers son univers intérieure, car si le cerveau reste inactif, s'il ne pense pas, ce que la machine peut faire beaucoup mieux que lui, quel avenir a-t-il devant lui ?

Un avenir voué aux distractions ou à l'exploration de soi, qui est infinie ?

Dans cette sphère, la pensée peut tout inventer, la machine se substitue à elle.

Une puce de la taille d'un ongle peut contenir toute "l'Encyclopaedia Britannica", par exemple.


Y-a-t-il une distinction entre le cerveau et l'esprit ?

L'esprit n'est qu'une fonction du cerveau, et le cerveau n'en est que la tendance matérialiste.

L'esprit et le cerveau sont-ils deux choses différentes ?

Il y a forcément un contact, un rapport entre eux...

Notre cerveau fonctionne à la manière d'un ordinateur préalablement programmé et doté d'une mémoire, le cerveau est conditionné par le passé et toutes les activités et influences émanant de l'extérieur. Il ne peut que se conformer à un certain schéma qui se modifie avec le présent, et continue sur cette voie.

Une part de ce conditionnement est utile, certe.

Ce conditionnement détermine notre égo... l'égo... la psyché... c'est ce conditionnement là qui non seulement est superflu, mais nocif, il divise et perpétue les conflits.

L'égo est en conflit non seulement avec lui-même, mais avec la société, la famille etc... et aussi la nature et l'univers tout entier.

La pensée ne peut-être que limitée, fondée comme elle l'est sur le conditionnement (le savoir et la mémoire).

La nature même de la psyché, sa structure se confondent avec le mouvement de la pensée dans le temps.
Si l'on parle du mouvement de notre main par exemple, le mouvement est réel, mais lorsque nous parlons du mouvement de la pensée, il s'agit alors d'une sorte d'illusion et le devenir n'est autre que le mouvement de la pensée.

Au cinéma, le mouvement est projeté en image sur l'écran sans qu'aucun objet réel ne se déplace, le seul mouvement réel étant celui du projecteur et de la bobine.

Un mouvement réel a lieu dans le cerveau sous la forme d'une projection qui n'est autre que le conditionnement, ce cerveau a été profondément marqué, physiquement et chimiquement, génétiquement et psychologiquement.

Psychologiquement le cerveau est centré sur l'égo, cette perpétuelle affirmation du moi constitue le mouvement, le conditionnement et l'illusion.
Lorsque nous pensons à notre moi, il se passe quelque chose au niveau physique et chimique.

C'est la participation active à la création d'une illusion que nous appelons le moi.

Eradiquer ce conditionnement par les moyens préconisés ici paraît très improbable, au sens d'un phénomène d'ordre à la fois physique, chimique et neuro-physiologique.

CERTAINS SCIENTIFIQUES TABLENT SANS DOUTE PLUTOT SUR LA DECOUVERTE FUTURE DE DROGUES OU DE MODIFICATIONS GENETIQUES, sur une connaissance plus approfondie du cerveau, pourrait-on peut- être de cette manière faire avancer les choses ? (une idée assez répandue).

Cela changera-t-il le comportement humain ?

Ces découvertes prendront sans doute du temps et dans l'intervalle l'homme court à sa perte, et tous ces propos n'ont pas l'air d'avoir la moindre influence sur qui que ce soit, l'effet n'en serait certainement pas assez rapide pour que cela fasse une grande différence.

Cela est la seule chose à faire néanmoins, même si nous ne sommes pas sur du résultat.

Les scientifiques qui cherchent à influer sur la conscience au niveau physique, chimique ou structurel sont logés à la même enseigne, ils sont eux-aussi pris au piège et comptent sur le temps pour devenir meilleur.

C'est un retour au stade où l'on espère que le temps aidant, on pourra modifier la conscience, qui pourrait entraîner une mutation dans l'évolution de la conscience.

Nous comptons sur le temps et nous tombons tous inéluctablement dans le piège du devenir et de l'illusion sans jamais nous rendre compte de ce que nous faisons.

Les expérimentateurs, les psychologues et nous-même cherchons à devenir une chose ou une autre, pour devenir meilleur ? ou se surpasser ?

Le cerveau est le lieu d'une activité dans le temps qui se présente sous la forme d'un processus physique et chimique complexe.

Le cerveau et l'esprit sont distincts dans le sens ou le cerveau et conditionné et l'esprit ne l'est pas .

LE CERVEAU N' EST PAS LIBRE, L' ESPRIT L' EST.

Tant que le cerveau est conditionné, sa relation à l'esprit reste limitée.

La liberté peut-être une "vision lucide et profonde" des choses.

C'est l'esprit libre qui peut entrer en contact avec le cerveau, car il n'a rien à voir avec le corps ou le cerveau, ni avec le temps.

Le temps est le propre du cerveau, de la pensée, qui elle peut inventer un espace, toutes sortes d'espaces, et il s'agit là de l'espace entre ici et là-bas, entre deux bruits, deux sons, deux pensées, deux notes, deux personnes et ainsi de suite, un espace visible, tangible qui sert de cadre au déroulement des événements de l'existence, ce genre d'espace n'est pas celui de l'esprit.

Toutes les cellules du cerveau sont-elles conditionnées ?

Quelle que soient les cellules conditionnées, ce sont elles qui dominent la conscience.

Le cerveau est-il capable de changer, de se modifier, dans ce cas ?

"La vision pénétrante", qui elle ne dépend pas du temps ou de la pensée procède de l'esprit et peut agir sur le cerveau au niveau de sa matière.

Comment ? (question délicate)

Vous pouvez résoudre un problème, mais la solution que vous y apporter suscite de nouveaux problèmes comme on le constate très souvent en politique par exemple.

Pour aborder le problème, le percevoir sans interprétation ni projection, cela suppose une perception aussi de l'esprit.

Le cerveau est une sorte d'instrument de l'esprit dès lors qu'il cesse d'être centré sur l'égo.

Le conditionnement est une forme d'auto-excitation entretenue par le cerveau lui-même qui mobilise toutes ces capacités en fonction de la programmation qui lui est propre, donc dans un périmètre très restreint (le cerveau fonctionne comme un ordinateur).

L'INTELLIGENCE EST L' ESPRIT.

Le cerveau et l'esprit peuvent être relativement indépendants, bien qu'ils soient au contact l'un avec l'autre, et ce contact ne peut s'établir que lorsque le cerveau est libre, libéré sous la forme "d'un silence, d'un calme" qui jaillit spontanément de la compréhension que l'on a de son propre conditionnement.

L'esprit ne nous appartient pas et le cerveau non plus.

L'esprit est UN et ILLIMITE, vierge de toute pollution... de celle de la pensée.

Nous avons un cerveau qui est conditionné et rien ne nous permet de dire "c'est mon esprit".

Ce qui se passe en nous en tant qu'être humain n'est pas différent de ce qui se passe en l'autre, notre semblable. Les mêmes problèmes, les mêmes souffrances, la peur, l'angoisse, la solitude etc... Chacun de nous est cependant isolé des autres...

Ma pensée m'a fait croire que je suis différent de vous parce-que mon corps et mon visage ainsi que ma psychologie sont différents des vôtres.

Cette "division" n'est qu'une illusion.

L'essentiel n'est pas de comprendre l'esprit qui est UN et INDIVIBLE mais le conditionnement commun à toute l'humanité, et cela dure depuis des siècles, les racines sont très profondes.

La pensée ne peut abolir la souffrance puisqu'elle en est l'auteur, elle est incapable de la maîtriser.

La pensée se contente d'être limitée, ce qu'elle est.
Elle ne peut rien faire de bien ni de mal, elle n'a même pas le moyen de savoir ce qu'est cette souffrance et y mettre fin.

La pensée n'ayant pas accès à ses propres fondements physiques et chimiques au niveau cellulaire, est incapable d'agir sur ces mêmes cellules.

Tous les moyens traditionnels en oeuvre pour ce changement sont inopérants, ils ont échoué.

La pensée ne peut pas susciter de changement en elle-même.

Tout ce que l'humanité a essayé de réaliser est fondé sur la pensée, mais sur des zones étroitement limitée.

Ce vieil instrument qu'est la pensée est usé.

Le nouvel instrument c'est l'esprit, l'intelligence et cela personne ne veut l'entendre (scientifiques, pauvres ou riches, érudits, croyants ou non croyants....)

L'esprit est UNIVERSEL, sans qu'il devienne une simple idée ou théorie abstraite (ce qui serait un danger) par le fait qu'il ne se situe pas dans notre espace ordinaire et qu'il n'a pas de forme individuelle.

CE CONTACT AVEC L' ESPRIT NE PEUT S'ETABLIR QUE LORSQUE L'EGO N' EST PLUS.

La pensée est un processus matériel, elle a une fonction physique tout comme le muscle du coeur, la pensée naît au coeur des cellules cérébrales.

Comment une mutation peut elle alors avoir lieu dans les cellules cérébrales conditionnées par le passé, si la pure perception est déconnectée du cerveau, parce-qu'il est limité et conditionné ?

Il a fallu des millions d'années pour passer du stade de l'unique cellule au stade du singe, et adopter la station debout, pour en arriver au cerveau humain conditionné par la langage, le climat et la nourriture, puis la société...
Cette société c'est le cerveau qui l'a crée, des millions d'années d'expérience de savoir accumulé (la tradition).

Le cerveau est donc conditionné.

L'on étudie la psyché de l'autre mais jamais la sienne propre, sur le plan intérieur nous sommes très primitifs.

Le cerveau doit-être libre pour avoir avec l'esprit des rapports tout à fait différents.

l'égo doit disparaître, il se cache partout, sous des masques très divers, il a le visage de la compassion, d'une idée, de la foi et ainsi de suite, il a mille visages et il se ment à lui-même.

Qu'est-ce-que l'esprit ?

L'intelligence est l'essence même de cet esprit, qui est en contact avec le cerveau dès lors que ce dernier est libre.

Il n'est pas enclos dans le cerveau lui-même, mais il est extérieur à celui-ci, et il nous faut explorer jusqu'au plus profond de soi.

L'esprit n'est pas "mon esprit", il est celui qui a crée l'univers, la cellule, pure énergie et intelligence.

Ni l'effort ni la volonté ou un quelconque objectif ne sont à l'origine de la mutation qui intervient dans les cellules cérébrales, lorsque intervient cette nouvelle perception, la véritable perception.

Il faut énormément d'observation, d'attention et d'amour pour découvrir ces domaines où la pensée n'a pas lieu d'être.

Les relations que nous avons les uns avec les autres sont donc limitées.

Extraits de certains discours (années 1981 à 1983) d'un célèbre et réputé philosophe indien, très particulier, que vous devez connaître à présent, si vous avez suivi ce qui se passe sur ce blog, depuis son ouverture.

Aucun commentaire: